
Trouver la solution: c’est peut-être de cela que nous souffrons, aujourd’hui, que ce soit sur le plan de nos existences individuelles ou sur celui de notre civilisation. On répare, on gère – les émotions aussi bien que les tondeuses à gazon. Nous y faisons souvent l’expérience de l’impuissance, de notre insuffisance (que ce soit par rapport à nos «problèmes personnels» ou face à des problèmes globaux comme le réchauffement climatique…), et parfois celle d’une forme de puissance. Mais même cette puissance, même parvenir à une solution, avec tout ce qu’elle peut avoir de satisfait, voire d’arrogant, conserve une part, insoluble, de tension, d’inquiétude. Comme on peut le voir partout, la satisfaction de la solution ne donne pas une véritable et sereine aisance de vivre.
L’hypnose nous suggère une autre approche. C’est d’ailleurs pour cela que je suis toujours très réticent à en parler comme d’un «outil», qui apporterait des «solutions». L’enjeu n’est pas de s’efforcer d’agir sur, ou contre, le problème. Quand on prétend résoudre, on s’est en fait extrait de la situation, pour se mettre «face au problème» et avoir prise sur lui. Avec l’hypnose, c’est un tout autre mouvement, qui consiste en une sorte de déplacement de manière à modifier notre relation au «problème», à trouver une position nouvelle dans l’ensemble de la situation, une façon différente d’habiter l’entier de notre vie, d’une manière qui supprime le «problème».
Tout le contraire de «s’attaquer au problème»: se laisser tomber complètement dans la situation, là où on est, trouver l’appui «là où ça tient»: Comme le corps dans le fauteuil se laisse aller, et plus il s’abandonne, plus il fait l’expérience de ce qui tient. A cet endroit-là, se laisser disposer, sans rien faire, dans une nouvelle manière de vivre où le problème n’existe plus.
« Si vous souffrez, par exemple, d’angoisse, de peur ou d’insomnie, il ne faut surtout pas s’y opposer, il faut y prêter attention, les inclure dans votre corps, les intégrer dans et par vos gestes. Il faut seulement se demander si c’est efficace. Et cela l’est. » (François Roustang)
Et ça pourrait vraiment être si simple? Et pourquoi pas? Et s’il suffisait d’essayer?
Pour vous abonner à la newsletter:
Laisser un commentaire