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Hypnose en temps d’épidémie

«Rester à la maison» et bénéficier des bienfaits d’une séance d’hypnose?

C’est possible!

Le cabinet est évidemment fermé, pour la durée des mesures visant à ralentir la propagation du coronavirus. Pourtant, je suis convaincu que l’hypnose ericksonienne peut être extrêmement utile à de très nombreuses personnes dans les circonstances difficiles que nous vivons. Et comme chaque séance s’adapte à chaque fois à la personne qui est là, je suis convaincu aussi que cette pratique peut s’adapter à chaque situation particulière. Malgré mes propres réticences initiales, j’ai donc fait quelques premières séances à distance, en vidéo, qui se sont révélées tout à fait satisfaisantes, au-delà même de mes attentes. «Mais… ça marche!», s’est ainsi exclamé, radieuse, une personne à sa sortie de transe.

J’ai par conséquent décidé de mettre mes compétences à disposition par ce canal. L’hypnose est un moyen simple et puissant pour se reconnecter à cet endroit calme, à l’intérieur, le lieu de nos ressources. Comme une clairière dans la forêt de bruit et d’agitation, pour s’arrêter, s’asseoir en soi-même, avec soi-même. Faire de l’espace pour ce qui se passe. Écouter et avoir une conversation avec ce qui est là – les ombres et la lumière. Voire même traverser l’expérience comme une opportunité de transformation. Une séance d’hypnose en ligne vous permet, au plus près de vos besoins et en toute sécurité, d’explorer les possibilités d’apaisement et de changement qui sont en vous, peut-être bien au-delà de ce que vous croyez, dans la situation actuelle. Et de découvrir les possibilités d’apprentissage que recèle toute situation.

Ces séances, proposées avant tout dans une perspective de solidarité, sont à prix libre. (Gratuites pour les personnes mobilisées au service de la communauté, et qui ont particulièrement besoin de pouvoir accéder à leurs propres ressources).

En pratique:

  • Les séances se passent par Zoom, un logiciel simple et bien adapté. Je vous envoie une invitation, avec un lien qui vous permet de vous connecter par votre navigateur.
  • Il vous faut un endroit calme, où vous ne serez pas dérangé, avec un fauteuil où vous pouvez vous installer confortablement, avec les pieds posés au sol.
  • En principe, le micro de votre ordinateur suffit.

Pour demander plus d’information ou prendre rendez-vous, c’est par ici.

Je partage cette démarche avec d’autres personnes, praticiennes de qualité et de confiance dans d’autres approches, que je vous recommande également chaleureusement: https://www.ceuxdici.ch/soins-a-distance/

Bienvenue sur le site!

 

Histoire d’hypnose: En route vers un futur

Basile, 16 ans, est au bord du décrochage scolaire, n’a plus aucune envie d’aller à l’école (mauvais résultats, relations difficiles avec ses camarades et ses profs). Il lui reste en principe une année et demie jusqu’à la maturité, et n’a pas de projets ni même d’idées pour la suite. Ne se reconnaît aucune passion, aucun intérêt particulier pour quoi que ce soit. Bref, bien éteint (pas de révolte non plus, même pas vraiment de colère)…

Je l’invite à expliciter sa demande : «avoir de nouveau envie d’aller à l’école». Ce dont il pense d’abord avoir besoin pour ça : qu’il y ait moins de travail et que ses profs et ses camarades changent d’attitude. Je lui réponds en plaisantant – et là, il sourit une première fois – que pour ça, il faut peut-être qu’il essaie les poupées vaudou, mais qu’ici, je ne peux que lui proposer de travailler à des changements chez lui (tout en expliquant que les changements qu’on opère chez soi-même transforment également l’extérieur…). Il dit qu’il voudrait de l’envie et de la motivation, mais n’a pas la moindre idée d’où trouver ça.

Je lui demande s’il y a des choses qu’il aime faire qui lui font parfois oublier le monde extérieur : «dessiner des cartes de pays imaginaires». Alors je lui fais entamer son voyage (ce qu’on appelle «induire la transe») en dessinant et explorant les mondes à l’intérieur, avec toutes leurs ressources, déjà connues à retrouver ou inconnues à découvrir…

Au moment où je demande à son esprit inconscient d’examiner la situation actuelle pour en extraire les ressources, les apprentissages, et faire encore de nouveaux apprentissages, Basile ouvre soudainement grand les yeux, le regard fixe, devant lui, défocalisé. Je suis aussi sûr que possible qu’il était dans une transe assez profonde, et d’ailleurs, à la fin de cette brève séquence, il referme les yeux et replonge avec un profond soupir. Tout au long de la séance, il entrouvrira parfois les yeux, à l’improviste, une ou deux fois même en regardant à gauche ou à droite, pour les refermer de façon tout aussi imprévisible, donnant de nouveau tous les signes d’une transe profonde. Et à la fin, après la sortie de transe, il fera état de sensations corporelles «bizarres» (fourmillements dans les mains) et du sentiment d’avoir été vraiment ailleurs… Comme quoi les manifestations de la transe peuvent vraiment être très différentes d’un sujet à l’autre…

Je l’emmène d’abord dans un voyage dans le futur, vers un Basile plus âgé («je ne sais pas qui il est, mais toi tu sais…»), qui peut donner au Basile d’aujourd’hui une précieuse ressource pour sa vie («et je ne sais pas ce qu’elle est, mais toi tu sais…»). Retour au présent, puis de nouveau le futur. Mais d’abord le futur proche, où Basile peut voir comment sa vie se développe avec cette nouvelle ressource, et peut prendre des photos, faire des dessins, ou filmer. Puis de nouveau plus loin, vers d’autres Basile («je ne sais pas, mais toi tu sais…»), qui ont d’autres ressources, que le Basile d’aujourd’hui peut recevoir maintenant. Retour au présent, puis de nouveau futur proche, voir comment ça change, prendre des photos, dessiner, filmer. Et de nouveau là-bas plus loin, pour remercier les Basile du futur, et leur montrer les photos, les dessins, les bouts de film. « Et ils sont tous autour de toi, tu leur montres, vous regardez ensemble…». Et je lui laisse tout le temps du monde pour profiter de ce moment avec toutes les possibilités de son futur et les changements de son présent…

Quelques jours plus tard, Basile me recontacte : il voudrait revenir une fois, pour apprendre l’auto-hypnose…

Histoire d’hypnose: la pêche au lion

Ça commence toujours par quelque chose comme une plainte – sinon, pourquoi «aller voir quelqu’un» ?

Celle de Zlatan est formulée avec la véhémence de ses vingt ans : «ma mère m’énerve, je ne peux parler de rien d’intéressant avec elle». (Parents séparés, Zlatan n’a plus de contacts avec son père depuis trois ans).

De quoi tu voudrais parler avec elle ? Le débit ralentit… «Je sais pas… ça peut être des relations… sur “qu’est-ce que c’est l’amour ?”, par exemple…» … «L’amour, c’est la seule chose où je suis quasiment sûr que je n’en sais rien…»… «J’ai l’impression d’y être un peu insensible… (silence) ouais… (silence)… ouais… exactement» Je lui demande de partir de son expérience. Son expression se ralentit encore : «… c’est là où ça devient intéressant… euh… (silence)… par exemple être seul, prendre du temps pour soi, c’est un truc que j’ai encore jamais fait. Aller dans la nature et observer, me sensibiliser à tout ce qu’il peut y avoir. Je pense que l’amour ça commence déjà là, en soi, par rapport à tout ce qui nous entoure.» «Avoir ce lien avec une chose… j’ai l’impression de pas savoir, d’être très mauvais pour ça… ou plutôt d’y être pas habitué…»

Je lui demande s’il a déjà vécu des bouts d’expérience «d’être en contact, avoir le lien». Il évoque une situation qui remonte à très loin : un copain de sa mère qui était «fanatique de pêche», «il adorait ça, et me montrait, il venait avec moi. C’était un contact. C’était un apprentissage d’une chose. Ça peut être de l’amour, ça aussi, montrer à quelqu’un ce qu’on aime faire… Et ça, ma mère n’a jamais su me l’offrir… Et j’ai l’impression de vivre dans un monde superficiel, où il n’y a pas vraiment d’intérêt…»

Est-ce que tu voudrais pouvoir vivre maintenant quelque chose comme cette partie de pêche ? «Oui, en famille ou pas, en fait… En famille, parce que c’est dans ce cadre qu’on nous apprend plein de choses. Et maintenant, il faut que je me rende compte qu’on peut se les donner soi-même, en fait, sans avoir besoin de quelqu’un pour le faire». On peut s’offrir quoi ? «Des moment de plaisir avec soi-même. Aller se balader dans la forêt, aller à la pêche… aller lire… Faire des choses en rapport avec la nature elle-même, avec ce qu’elle est.»

J’invite Zlatan à explorer un peu plus, et il arrive sur une envie, un désir – et une peur. De nouveau le rythme se ralentit, la voix baisse : «C’est une peur de se confronter à soi-même. Comme devant une page blanche, ou devant quelqu’un à qui on doit dire quelque chose de très important, ou qu’on doit créer quelque chose avec quelqu’un… ou apprendre quelque chose dont on n’a aucune idée»… «Et quand ça me concerne moi-même, c’est encore plus dur, parce que du coup je ne ressens pas d’émotion…» «ça part, je me déconcentre, je me dissipe». Je lui demande ce qui provoque ça : «le fait d’avoir de la peine à vivre avec mes émotions… de ne pas les accepter… et du coup de devenir quelqu’un d’autre, pour paraître…»

C’est l’endroit où la plainte initiale peut se changer en intention de transformation, que Zlatan formule clairement : «Faire confiance à soi-même ; aller chercher les réponses en nous plutôt qu’à l’extérieur.»

J’invite Zlatan à sentir la source de ce désir, à l’intérieur. Plonger là-dedans. Ici commence le voyage dans l’espace de son propre monde… ce monde est entièrement le tien, cette transe est entièrement et uniquement la tienne… personne d’autre, ici… seulement toi, chez toi… dans le monde de tes ressources…

Et le voyage devient promenade dans la forêt, en prêtant attention à toutes les sensations… et laisser s’enrichir et se déployer toute la profondeur de ta sensibilité, qui te met maintenant en rapport avec toutes ces choses…»… «descendre en prenant le temps qu’il te faut pour goûter entièrement ce riche tissu de sensations, de couleurs, de sons, d’odeurs, de textures, de températures…

Et tu peux descendre plus profondément jusqu’au bord du grand lac… voir les reflets et les mouvements sur la surface… sous la surface… Et tu peux t’offrir une belle partie de pêche, là, à l’intérieur… Faire tous les gestes… observer, tous les sens aux aguets… Et tu apprends… tu apprends tout ce qu’il y a à apprendre dans cette situation… Savoir comment ça marche, la pêche… Et tu peux être maintenant entièrement plongé dans cette attention… avec toutes tes ressources… tu n’as pas besoin que quoi que ce soit vienne à la surface de ta conscience… tu peux être entièrement ouvert vers l’extérieur, vers tes sensations… recevoir…

Et tu sais exactement, et de manière inconsciente, tout ce qu’il y a à faire, tout ce qu’il y a à observer… Tu sais comprendre les mouvements du bouchon sur l’eau… Et si un poisson mord, tu sais exactement, sans avoir à y réfléchir, parce que tu es étroitement en lien avec tout cet environnement, tu sais exactement le geste à faire à ce moment-là, pour éprouver cette joie immense d’attraper le poisson, et de le sentir frétiller au bout de la canne… Et tu peux jouir profondément, à l’intérieur, du plaisir de cette expérience où tout ton être est en rapport étroitement avec le monde, avec les choses du monde…

Et tu peux maintenant, en restant là à l’intérieur, écouter cette histoire, que tu m’as peut-être déjà entendu raconter, mais peu importe…

Je lui raconte l’histoire, transmise par les sages de l’Orient, du petit lion qui se prenait pour un mouton, parce qu’il avait été élevé par un troupeau de moutons. Et qui faisait tout comme un mouton. Jusqu’au moment où un grand lion est venu, l’a pris, et l’a emmené au bord de l’eau.

Comme toi, là, maintenant, au bord de ce lac. Et ce grand lion l’a amené à se voir lui-même, à côté du reflet du grand lion, dans l’eau du lac.

Et j’invite maintenant avec respect ton esprit inconscient à faire apparaître à côté de toi l’image de ton propre grand lion, de ton propre guide intérieur. Et je t’invite, là à l’intérieur, au bord du lac, à te pencher au-dessus de l’eau, à côté de lui, et à regarder. A regarder vos deux reflets. A regarder attentivement, en prenant tout ton temps, en y mettant la même attention que celle que tu as appris à développer pour la pêche, et dans la promenade en forêt. A regarder, à voir qui il est… et qui TU es… comment tu apparais sur le miroir de l’eau, devant tes yeux… à côté de l’image de ton lion intérieur, de ton guide intérieur… qui est comme toi, ou plus exactement, c’est toi qui es comme lui. Tu peux maintenant reconnaître dans l’image là devant toi, sur le miroir, tu peux reconnaître la ressemblance entre les deux images. Prendre le temps de reconnaître, d’observer attentivement les ressemblances entre ces deux images… L’image de Zlatan, au bord de l’eau, et l’image du grand guide intérieur, qui n’est rien d’autre que Zlatan, au bord de l’eau, également… qui n’est rien d’autre que Zlatan se reconnaissant lui-même… prenant le temps de se reconnaître lui-même, et de découvrir là, dans cette expérience même, la possibilité de la confiance, parce que le grand guide est là à l’intérieur… Et que le grand guide donne au plus petit Zlatan quoi que ce soit qu’il ait à lui donner ne change rien au fait que c’est Zlatan, mais Zlatan plus grand que Zlatan, qui se donne à lui-même quoi que ce soit qu’il ait besoin de lui donner.

Et tu peux même maintenant parler au guide, lui demander quoi que ce soit que tu voudrais lui demander. Et surtout lui demander qu’il t’apprenne très précisément, que tu t’apprennes à toi-même très précisément, comment tu peux le retrouver. Qu’il te montre le chemin, le passage… Que tu t’assures maintenant, là à l’intérieur, de bien comprendre le chemin, de manière à pouvoir le retrouver, quand tu voudras ou quand tu en auras besoin.

Et tu peux prendre tout ton temps pour faire cela entièrement, et me signaler simplement que cela aura été fait.

Zlatan prend un très long moment.

Maintenant tu connais le chemin, tu sais que tu peux y retourner quand tu veux. Tu peux donc tranquillement prendre le chemin du retour. Et remonter dans la forêt, t’arrêter dans un endroit confortable, t’installer là, en pleine nature…

Un rêve d’intégration des apprentissages de ce voyage – et comme un palier, en remontant de cette plongée en eaux profondes…

Réorientation vers l’extérieur. Tout en continuant sur le chemin du retour à observer avec attention et sensibilité toutes les choses nouvelles, qui se donnent à observer. Et toutes ces expériences nouvelles viennent remplir encore et encore ce monde de sensations et de perceptions, dans lequel les expériences d’avant se perdent, s’oublient. Mais peu importe, parce que toutes nos expériences et nos sensations sont profondément inscrites en nous à l’intérieur… comme de nouveaux arbres dans la forêt. Et les arbres dans la forêt sont là, toujours, même quand nous ne les voyons pas, même quand nous n’y allons pas, même quand nous n’y pensons pas… et que nous pouvons donc nous occuper d’autres choses… dans le monde extérieur…

Histoire d’hypnose: Le pow-wow de Zoé

Lors d’une conversation quelques jours avant, Zoé avait évoqué, dans une belle formule qui m’avait frappé, «la lumière, en nous, qui nous rappelle toujours à la nécessité de travailler à son propre bonheur».

Mais maintenant, Zoé vient me voir parce qu’elle est confrontée à de fortes tensions à l’intérieur d’elle-même, entre des tendances contradictoires, qu’elles me décrit, et à des tensions avec l’extérieur, avec son père et sa famille paternelle, ravivées autour de la maladie et du décès de son grand-père. Et elle est un peu perdue dans tout ça…

Tu t’installes confortablement, tranquillement, et tu te laisses descendre… dans le jardin intérieur… l’espace de ta propre transe… Jusqu’à cette tranquillité, cette stabilité profonde… comme un rocher … un de ces rochers qui résonnent profondément quand on les frappe… comme si l’intérieur de la terre venait résonner dans l’espace et à travers nous… Jusqu’à l’intérieur de ton propre monde… avec toutes ses parties… le monde de toutes tes ressources, de tout ce qui est disponible pour travailler à ton bonheur…

Et dans cet espace qui est le tien s’allume la lumière, la lumière qui veille sur toi et te rappelle de travailler à ton propre bonheur… Et tu peux t’installer confortablement dans l’espace de cette lumière, dont tu peux régler l’intensité de la façon qui te convient…

Et j’invite ton esprit inconscient à faire venir dans le cercle de la lumière toutes les parties de Zoé qui ont quelque chose à dire en ce moment…

celle qui veut investir la volonté de travailler, et laisser tomber le reste

celle qui aspire à se laisser tranquille et se faire du bien

la partie projetée dans les examens, dans quelques mois

la partie inquiète par rapport à ce futur

Et c’est toi qui préside ce cercle, tu peux leur demander à toutes de prendre place…

Et peut-être qu’il y en a d’autres à faire venir… ton inconscient le sait… Laisse venir les parties qui ont quelque chose à dire maintenant, dans cette situation, et demande-leur de s’asseoir dans le cercle, tranquillement…

Et ton esprit inconscient va donner la parole à chacune de ces parties, en faisant circuler un bâton de parole, de sorte que la partie qui a la parole ne sera interrompue par personne, et pourra s’exprimer tant qu’elle voudra, se faire entendre complètement par les autres parties, et par celle qui préside. Et elle pourra en particulier dire clairement quelle est son intention positive pour Zoé, en quoi chacune veut quelque chose de bien pour Zoé, travailler pour son bonheur…

(Je laisse le temps, jusqu’au signal que le bâton a fait le tour du cercle.)

Puis tu prends la parole, toi qui présides le cercle, et tu vas répondre à chacune des parties, lui dire que tu l’as entendue, la remercier, la rassurer si nécessaire, et prendre en compte chaque partie.

Tu fais le tour du cercle, tu prends le temps pour ça. Et tu me signales quand c’est terminé.

Vous travaillez toutes ensemble à un but commun, dans cette lumière qui rappelle de travailler à son propre bonheur, toujours… Et c’est toi, assise à la présidence de ce cercle, qui indique la direction et qui garde le cap ; et chacune des parties collabore à cette œuvre commune.

Et l’esprit inconscient peut maintenant faire comparaître dans le cercle les voix qui apportent des perturbations de l’extérieur. D’abord la voix de ton père. Ecouter ce qu’il a à dire, sans l’interrompre, jusqu’au bout. Puis ensuite vous vous concertez entre vous toutes dans le cercle sur la réponse à lui donner ; et vous lui formulez cette réponse de manière claire, ferme et entièrement satisfaisante pour tout le cercle assis dans la lumière.

Et me signaler quand c’est fait.

De même avec les voix de ta famille, les faire comparaître dans le cercle, les écouter, vous concerter ensemble sur la réponse à donner et formuler cette réponse de manière claire et ferme.

Et me signaler quand c’est fait.

Puis examiner attentivement s’il y a d’autres voix extérieures à faire comparaître dans le cercle. Et de la même manière, écouter cette autre voix, vous concerter sur la manière de répondre, et répondre de manière claire et ferme, en vous assurant que la réponse convient à l’ensemble du cercle.

Et encore examiner s’il y a une ou plusieurs autres voix.

Non.

Avant de reprendre le travail ensemble dans le but commun, je t’invite à célébrer une grande fête avec toutes les parties, toutes ensemble : rire, chanter, danser, vous raconter des histoires, rêver ensemble – au rythme des coups frappés sur le grand rocher qui résonne de la musique de la terre et remplit la lumière qui règne dans cet espace de toute sa force, de toute la force de la terre. Pendant deux minutes de temps d’horloge – tout le temps du monde…

Et alors que les pulsations du rocher vont pouvoir continuer de résonner à l’intérieur de toi, et que les parties vont pouvoir continuer de danser entre elles, harmonieusement, sans même que tu aies à y prêter attention… tu peux te réorienter vers l’extérieur… reposée… fraîche… prête pour de nouvelles aventures… pour reprendre le travail… pour faire des BD !

 

Commentaire de Zoé :

«Ah, j’étais partie loin !!»

«C’est la première fois que j’ai l’impression de réussir à partir aussi loin… à entrer complètement dans ce que tu me demandais, ou ce que mon esprit avait besoin de faire… et retirer des vraies réponses claires à certaines questions que je peux avoir… et visualiser toutes les parties de moi… pourquoi elles sont là, qu’est-ce qu’elles veulent, dans quel but, et pouvoir dialoguer avec elles, leur dire que «oui, ok, mais il y a peut-être des nuances, et s’il y a plusieurs parties, c’est pour faire un ensemble qui est censé être mesuré et cohérent !».

Et ça fait du bien de pouvoir dire ça à chacune des parties, parce que parfois j’ai le sentiment qu’il y en a une qui prend le dessus par rapport aux autres, et c’est la cacophonie… là, j’ai pu dire à chacune de jouer sa partition sans empiéter sur les autres…

Elles ont toutes un rôle, une origine, un but… il y en a peut-être qui sont… moins… vertueuses, ou plus en colère que d’autres, avec des intentions moins nobles, mais elles sont là, et il faut prendre aussi la mesure de ce que ça veut dire…

 

Et puis une chose aussi que j’ai notée : plusieurs fois, tu as parlé de la lumière, et c’était vraiment hyper-lumineux… je me baladais à plusieurs endroits, importants pour moi, et dans lesquels je me sens bien, et de temps en temps je revenais ici, et je sentais la lumière qui venait de l’extérieur, très forte, et j’avais vraiment l’impression que ça aurait pu être le printemps… mais vraiment ! [on était en janvier, et Zoé est très sensible au manque de lumière en hiver] c’était hyper joyeux, enjoué, jovial… c’était hyper-agréable…»