La «transe», qui désigne l’expérience vécue en hypnose, évoque des états spectaculaires ou de perte de contrôle, ou encore des visions mystiques et des voyages extraordinaires, suscitant tantôt la fascination, tantôt la peur.

La réalité est beaucoup plus sobre. La transe est d’abord une pause. Un retrait loin du bruit, intérieur ou extérieur, de l’existence ordinaire, des urgences du quotidien et de la nécessité permanente de réagir. Il n’y a là rien d’exceptionnel, c’est une expérience banale, que nous faisons quand nous relâchons spontanément le contrôle, par exemple quand nous sommes absorbés dans un livre ou un film, ou captivés, «hypnotisés», par le mouvement des flammes dans un feu. Quand nous nous permettons de nous laisser être, simplement.

Dans cet état, qui est comme une sorte de point neutre, «à l’écart» de toute tension de la volonté vers un but à atteindre, quelque chose se libère, s’assouplit, prend du jeu. Il n’y a rien à réussir, rien à prouver. Toutes les contradictions qui nous constituent peuvent être là en même temps. Nos certitudes crispées se détendent, de nouvelles perspectives peuvent s’ouvrir.

Dans cette sorte de «disponibilité fondamentale», on découvre en soi, comme venues de plus profond que soi, des capacités insoupçonnées: la force de se tenir là où on se sentait accablé, un regain de courage, une clarté nouvelle face à ce qui était confus, un élan de créativité, les retrouvailles avec une vitalité en fait inépuisable, une joie simple et gratuite.

En acceptant qu’il ne se passe rien, tout peut se remettre à bouger.


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