Une anecdote racontée par François Roustang:

«J’étais voir un film, il y a quelques semaines. C’est un film intéressant, pas la peine de le nommer. Mais au milieu du film, la voix de Nina Simone a retenti. Le film est tombé par-terre. Pourquoi? Parce que cette femme – on ne sait pas si c’est un homme ou une femme, on ne sait pas si elle chante bien ou si elle chante mal – c’est vraiment l’expression totale de la personne. C’est ça qui me paraît extraordinaire: c’est qu’on ne sait plus où on est, on est emporté par ça. Et c’est cette expérience complète qui me paraît être comme une image de ce qu’on peut faire quand on sort d’une séance d’hypnose. On a abandonné ses petites certitudes, et on est planté dans son existence. Et elle, elle nous arrache les tripes pour nous obliger justement à quitter nos petites habitudes, nos petites certitudes.»

(Extrait de: «Les vies multiples de François Roustang», La fabrique de l’humain, France Culture, 2009. https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-fabrique-de-l-humain/les-vies-multiples-de-francois-roustang-5895737)


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