Guido Albertelli

Hypnose ericksonienne Lausanne

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Imaginer

«Le raisonnement et le rationnel proposent-ils un chemin vers la réalité? Certainement, mais ce qui est vu est une apparence. La profondeur de la réalité n’est accessible que par la fantaisie de l’imaginaire. Tous les artistes, poètes, écrivains accèdent au réel lorsqu’ils quittent la logique et laissent leur pinceau ou leur plume inventer la vie.» (J.-M. Benhaiem)

Dans nos vies ordinaires, nous sommes fréquemment aveuglés, on serait tenté de dire «hypnotisés», par nos représentations, nos anticipations, nos peurs et nos automatismes. Ce que nous appelons « la réalité » n’est souvent qu’un film mental qui tourne en boucle, une interprétation enjolivée ou angoissée du monde. Nous ne voyons plus ce qui est, nous voyons ce que nous craignons ou ce que nous attendons.

L’imagination, telle qu’elle est mise en jeu dans l’hypnose, permet de déjouer ces schémas rigidifiés pour retrouver l’ouverture du réel et le dynamisme de la vie. Il faut en effet une grande souplesse psychique pour défaire ces constructions figées. L’imagination, en hypnose, n’est donc pas une fabrique d’illusions : c’est une manière de mettre du jeu et de permettre le mouvement. De libérer la vie.
Elle fait faire un pas de côté par rapport à ses propres certitudes et mobilise les sens pour ressentir le corps tel qu’il est ici et maintenant, débarrassé des jugements. Elle laisse ainsi émerger une perception neuve d’une situation qu’on croyait bloquée. La réalité apparaît alors comme ce qu’elle est quand elle n’est plus interprétée à travers nos appètes ou nos peurs: un «terrain d’opportunités» pour le déploiement de notre vitalité.
Sortir de la transe ordinaire du contrôle et des représentations demande de l’audace et de l’imagination. C’est précisément là que commence le travail sous hypnose : utiliser la plasticité de l’esprit non pas pour inventer une autre vie, mais pour réapprendre à habiter pleinement celle-ci.

Arrêtez-vous parfois pour observer cette sensation d’être enfermé dans vos propres représentations. C’est le point de départ pour s’en libérer.

Je vous accompagne volontiers pour poursuivre cette exploration.

Se laisser pousser par la vie

La grande affaire, l’unique affaire, c’est de se laisser pousser par la vie. Elle pousse toujours dans notre dos, elle est derrière nous, on ne la voit pas, on ne peut pas la prendre pour s’en servir. C’est elle qui se sert de nous à sa guise. Pour quoi, pour aboutir à quoi, on n’en sait rien et on n’en saura jamais rien. Mais se laisser pousser par la vie suppose d’entrer dans une solitude toujours plus extrême, car, cette expérience-là, on ne peut pas la faire à deux ou à plusieurs. On ne peut pas compter sur un autre pour la faire et on ne peut même pas compter sur soi. Qui pourrait opérer ce dépouillement à la limite supportable, s’il n’était contraint d’y aller, s’il n’y avait pour lui aucune autre issue, aucun autre défilé d’angoisse? Se laisser pousser, mais non, pas se laisser pousser, s’avancer pour satisfaire la vie, ne pas s’arrêter un instant, la vouloir comme le don le plus précieux, comme quelque chose qui se donne toujours quand on est prêt, mais qui se cache et qui devient inaccessible si on veut mettre la main sur elle, parce qu’on est fatigué, parce que c’est harassant de poursuivre, parce que cela ne mène finalement à rien.

François Roustang, Il suffit d’un geste

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