Histoire d’hypnose: Le pow-wow de Zoé

Lors d’une conversation quelques jours avant, Zoé avait évoqué, dans une belle formule qui m’avait frappé, «la lumière, en nous, qui nous rappelle toujours à la nécessité de travailler à son propre bonheur».

Mais maintenant, Zoé vient me voir parce qu’elle est confrontée à de fortes tensions à l’intérieur d’elle-même, entre des tendances contradictoires, qu’elles me décrit, et à des tensions avec l’extérieur, avec son père et sa famille paternelle, ravivées autour de la maladie et du décès de son grand-père. Et elle est un peu perdue dans tout ça…

Tu t’installes confortablement, tranquillement, et tu te laisses descendre… dans le jardin intérieur… l’espace de ta propre transe… Jusqu’à cette tranquillité, cette stabilité profonde… comme un rocher … un de ces rochers qui résonnent profondément quand on les frappe… comme si l’intérieur de la terre venait résonner dans l’espace et à travers nous… Jusqu’à l’intérieur de ton propre monde… avec toutes ses parties… le monde de toutes tes ressources, de tout ce qui est disponible pour travailler à ton bonheur…

Et dans cet espace qui est le tien s’allume la lumière, la lumière qui veille sur toi et te rappelle de travailler à ton propre bonheur… Et tu peux t’installer confortablement dans l’espace de cette lumière, dont tu peux régler l’intensité de la façon qui te convient…

Et j’invite ton esprit inconscient à faire venir dans le cercle de la lumière toutes les parties de Zoé qui ont quelque chose à dire en ce moment…

celle qui veut investir la volonté de travailler, et laisser tomber le reste

celle qui aspire à se laisser tranquille et se faire du bien

la partie projetée dans les examens, dans quelques mois

la partie inquiète par rapport à ce futur

Et c’est toi qui préside ce cercle, tu peux leur demander à toutes de prendre place…

Et peut-être qu’il y en a d’autres à faire venir… ton inconscient le sait… Laisse venir les parties qui ont quelque chose à dire maintenant, dans cette situation, et demande-leur de s’asseoir dans le cercle, tranquillement…

Et ton esprit inconscient va donner la parole à chacune de ces parties, en faisant circuler un bâton de parole, de sorte que la partie qui a la parole ne sera interrompue par personne, et pourra s’exprimer tant qu’elle voudra, se faire entendre complètement par les autres parties, et par celle qui préside. Et elle pourra en particulier dire clairement quelle est son intention positive pour Zoé, en quoi chacune veut quelque chose de bien pour Zoé, travailler pour son bonheur…

(Je laisse le temps, jusqu’au signal que le bâton a fait le tour du cercle.)

Puis tu prends la parole, toi qui présides le cercle, et tu vas répondre à chacune des parties, lui dire que tu l’as entendue, la remercier, la rassurer si nécessaire, et prendre en compte chaque partie.

Tu fais le tour du cercle, tu prends le temps pour ça. Et tu me signales quand c’est terminé.

Vous travaillez toutes ensemble à un but commun, dans cette lumière qui rappelle de travailler à son propre bonheur, toujours… Et c’est toi, assise à la présidence de ce cercle, qui indique la direction et qui garde le cap ; et chacune des parties collabore à cette œuvre commune.

Et l’esprit inconscient peut maintenant faire comparaître dans le cercle les voix qui apportent des perturbations de l’extérieur. D’abord la voix de ton père. Ecouter ce qu’il a à dire, sans l’interrompre, jusqu’au bout. Puis ensuite vous vous concertez entre vous toutes dans le cercle sur la réponse à lui donner ; et vous lui formulez cette réponse de manière claire, ferme et entièrement satisfaisante pour tout le cercle assis dans la lumière.

Et me signaler quand c’est fait.

De même avec les voix de ta famille, les faire comparaître dans le cercle, les écouter, vous concerter ensemble sur la réponse à donner et formuler cette réponse de manière claire et ferme.

Et me signaler quand c’est fait.

Puis examiner attentivement s’il y a d’autres voix extérieures à faire comparaître dans le cercle. Et de la même manière, écouter cette autre voix, vous concerter sur la manière de répondre, et répondre de manière claire et ferme, en vous assurant que la réponse convient à l’ensemble du cercle.

Et encore examiner s’il y a une ou plusieurs autres voix.

Non.

Avant de reprendre le travail ensemble dans le but commun, je t’invite à célébrer une grande fête avec toutes les parties, toutes ensemble : rire, chanter, danser, vous raconter des histoires, rêver ensemble – au rythme des coups frappés sur le grand rocher qui résonne de la musique de la terre et remplit la lumière qui règne dans cet espace de toute sa force, de toute la force de la terre. Pendant deux minutes de temps d’horloge – tout le temps du monde…

Et alors que les pulsations du rocher vont pouvoir continuer de résonner à l’intérieur de toi, et que les parties vont pouvoir continuer de danser entre elles, harmonieusement, sans même que tu aies à y prêter attention… tu peux te réorienter vers l’extérieur… reposée… fraîche… prête pour de nouvelles aventures… pour reprendre le travail… pour faire des BD !

 

Commentaire de Zoé :

«Ah, j’étais partie loin !!»

«C’est la première fois que j’ai l’impression de réussir à partir aussi loin… à entrer complètement dans ce que tu me demandais, ou ce que mon esprit avait besoin de faire… et retirer des vraies réponses claires à certaines questions que je peux avoir… et visualiser toutes les parties de moi… pourquoi elles sont là, qu’est-ce qu’elles veulent, dans quel but, et pouvoir dialoguer avec elles, leur dire que «oui, ok, mais il y a peut-être des nuances, et s’il y a plusieurs parties, c’est pour faire un ensemble qui est censé être mesuré et cohérent !».

Et ça fait du bien de pouvoir dire ça à chacune des parties, parce que parfois j’ai le sentiment qu’il y en a une qui prend le dessus par rapport aux autres, et c’est la cacophonie… là, j’ai pu dire à chacune de jouer sa partition sans empiéter sur les autres…

Elles ont toutes un rôle, une origine, un but… il y en a peut-être qui sont… moins… vertueuses, ou plus en colère que d’autres, avec des intentions moins nobles, mais elles sont là, et il faut prendre aussi la mesure de ce que ça veut dire…

 

Et puis une chose aussi que j’ai notée : plusieurs fois, tu as parlé de la lumière, et c’était vraiment hyper-lumineux… je me baladais à plusieurs endroits, importants pour moi, et dans lesquels je me sens bien, et de temps en temps je revenais ici, et je sentais la lumière qui venait de l’extérieur, très forte, et j’avais vraiment l’impression que ça aurait pu être le printemps… mais vraiment ! [on était en janvier, et Zoé est très sensible au manque de lumière en hiver] c’était hyper joyeux, enjoué, jovial… c’était hyper-agréable…»