Ecologie profonde en pratique

Jura, 11,12,13 août

Carine Roth, Guido Albertelli

Quand quelqu’un peut se réduire à l’état d’être vivant, à ce moment-là, il est déjà guéri. Parce qu’il se resitue dans son propre corps, ou par rapport à son propre corps, il se resitue par rapport à son milieu, il se resitue par rapport à son entourage, à son travail, à tout l’environnement. Ça suffit. (…) Moi, il me semble maintenant que l’essentiel, c’est de revenir à l’animisme. C’est-à-dire : nous sommes des vivants, tout est vivant, nous devons nous situer par rapport à ça. On retrouve la base de notre humanité, qui est le fait que nous sommes des vivants. Et ça suffit. (…) On entre dans un mouvement où toutes les choses peuvent communiquer les unes avec les autres. Ça nous donne l’impression d’un chaos, mais c’est simplement parce qu’il y a trop d’éléments qui puissent être saisis par l’intelligence discursive.

François Roustang

Dans une séance d’hypnose, tout cela se passe en quelque sorte «à l’intérieur» – mais un intérieur qui ne se laisse plus vraiment distinguer de l’extérieur, un intérieur où l’on découvre que ce qui transforme et guérit, c’est de retrouver les liens avec le «dehors», avec un monde «sauvage». Entrer en contact, ne plus esquiver, refuser, quoi que ce soit de la réalité de la situation – ou du monde. Ce qui nous fait souffrir, c’est de se prendre pour un petit moi isolé, alors que ce qui nous soutient, c’est de découvrir que ce «je» peut retrouver tous les liens sans lesquels il n’existe pas. Découvrir, en somme, que ce «je» est un «nous».

Pour cela, il suffit, en réalité, de réapprendre à sentir. Sentir son corps, sentir le monde, sentir les connexions. Et si cela peut se produire dans le fauteuil d’un thérapeute, cela peut aussi advenir, très simplement, en allant s’asseoir dans la nature…

De là, cette proposition d’écologie profonde en pratique : «Nous le monde».

Une démarche de «théorie et pratique animiste», conçue comme un rite de passage. Une invitation à venir vivre l’expérience de 24 heures dans la nature, seul, en jeûnant : s’extraire des cadres figés, qui ne tiennent plus vraiment, ou auxquels vous ne tenez plus vraiment, oser lâcher-prise ; prendre le risque de l’inconnu, aller passer un jour et une nuit dehors, et sentir tous les liens avec le monde, sentir la réalité d’en faire partie, d’être ce «nous» ; en ramener quelque chose qui tient, qui soutient. En revenir transformé.

Concrètement :

Trois jours au mois d’août (11-12-13), avec le solo de 24 heures.

Deux demi-journées en amont (26 juin et 10 juillet, de 14 h. à 18 h.) et une autre demi-journée d’intégration (13 novembre, 14 h. à 18 h.). Ces demi-journées, comme des ateliers de philosophie à ciel ouvert, des pratiques de réflexion théorique collective, permettront de nourrir la démarche avec des apports des philosophes du vivant (Descola, Vinciane Despret, Val Plumwood, Spinoza, les anarchistes naturiens, des sages taoïstes, …).

Deux guides expérimentés vous accompagnent tout au long de ce voyage: Carine Roth et Guido Albertelli.

Logistique pour les trois jours du solo

Nous passerons la première nuit en cabane, le matin du second jour vous partirez à l’aube pour votre 24h00 solo sans tente, sans compagnie ni nourriture, retour le samedi matin au lever du soleil. Le jeudi sera dédié à préparer votre cérémonie et discuter de votre intention et partager des enseignements de la roue de médecine, le samedi sera consacré à rompre le jeûne ensemble et partager les récits du solo.

Vous recevrez une liste de matériel à prendre avec vous après votre inscription.

Nous fournissons la nourriture mais chacune et chacun devra venir avec son propre équipement, du matériel adapté pour les 3 jours dehors par tous les temps.

Prix

Nous avons réfléchi à la question du prix de l’encadrement par deux guides qualifiés, les enseignements, le temps, la présence, la nourriture et le prix que l’on peut donner à une telle démarche.

Nous sommes arrivés à cette proposition de trois prix suivant les revenus et la situation financière de chacun, et en considérant la dimension éminemment collective de cette expérience.

Prix budget privilège, pour celles et ceux qui ont les moyens de payer un peu plus et ainsi de soutenir un peu les personnes à plus faibles revenus: 760,- chf

Prix budget équilibré, pour celles et ceux qui ont ce qu’il leur faut et peuvent payer le prix juste pour ces 3 demi-journées et 3 jours: 680,-chf

Prix petit budget, pour celles et ceux qui ont de la peine à joindre les deux bouts et à payer leur factures: 560,-chf

Nous avons aussi une place non payante pour la personne qui en a besoin.

Arrhes et inscription

Votre inscription est validée après m’avoir contacté par email contact@guidoalb.ch et ensuite avoir versé des arrhes de 200,- chf sur le ccp 10-117315-3. IBAN : CH34 0900 0000 1011 7315 3, Carine Roth, chemin de Renens 12, 1004 Lausanne.

Un formulaire de santé et une décharge de responsabilité vous seront envoyés pour finaliser votre inscription.

Groupe de 10 personnes au maximum.


Ce qui fonde peut-être pas notre bonheur, mais notre joie (monnaie qui n’a plus cours et qu’il est mal vu d’évoquer), c’est que ça tient, qu’il y a un monde fait sans doute d’accords et de discordances, un monde qui tient encore aujourd’hui, une vie qui continue à proliférer, qui tue sans cesse et qui fait naître. Demain, impossible de savoir. Ce sera peut-être le retour au grand chaos, mais aujourd’hui le soleil s’est levé, il y a encore des plantes qui poussent malgré les ravages de la nature et des hommes, il y a encore du vent. Une telle évocation fera sourire, comme si nous dépendions encore du cosmos, comme si toutes ces histoires et ces légendes n’étaient pas enterrées pour toujours. L’évidence, non pas la croyance – nous n’en avons que faire -, l’évidence que ça tient est au bout du compte le seul roc sur lequel nous puissions nous appuyer et peu importe notre petite histoire à nous. Ou bien elle importe dans la mesure où elle s’inscrit dans le mouvement du monde qui, en cet instant, existe encore.» (F. Roustang)