Espace philosophie

La philosophie, la «pratique de la pensée», ou l’étude d’une œuvre, est donc envisagée ici comme «espace médecine» (renouant d’une certaine manière avec une très ancienne tradition de la philosophie comme «thérapie»). Elle comporte un versant qu’on pourrait dire «négatif»: l’examen (socratique, si on veut) des opinions, des croyance, la destruction des représentations conditionnées, des illusions qui nous encombrent – la «corruption de la jeunesse». Mais elle comporte également un versant «positif»: dans la transformation, après la destruction, vient un moment de création de quelque chose de nouveau, ou d’éveil de ce qui dormait – le philosophe comme «sculpteur d’hommes» (au sens où l’entendait Michel-Ange quand il disait: «J’ai vu un ange dans le marbre et j’ai seulement ciselé jusqu’à l’en libérer»). C’est-à-dire que la philosophie nous propose aussi quelque chose à vivre – d’autres possibles.

«Être philosophe, ce n’est pas simplement avoir des pensées subtiles, ni même fonder une école, mais aimer la sagesse au point de vivre selon ses préceptes, une vie de simplicité, d’indépendance, de magnanimité et de confiance. C’est résoudre quelques-uns des problèmes de la vie, non pas de manière théorique, mais pratique» (H. D. Thoreau).

La philosophie en tant qu’espace médecine, c’est la philosophie en tant qu’elle diminue notre sentiment d’impuissance, notre soumission à ce qui est et nous accable; en tant qu’elle vient secouer notre résignation, en nous posant justement la question de la «vraie vie», pour parler comme Alain Badiou: c’est vraiment la vie, ce que tu es en train de vivre? Et si ce n’est pas le cas, alors qu’est-ce qui t’en sépare, et comment peux-tu traverser ça – pratiquement? Et du coup, c’est aussi un espace de célébration de notre puissance de vire – et donc de notre liberté et de notre joie.

Vers la partie «philosophie» du site

Enregistrer

Enregistrer