Accompagnement philosophique

Le travail en philosophie — comme, à beaucoup d’égards, le travail en architecture — est avant tout un travail sur soi-même. C’est travailler à une conception propre. À la façon dont on voit les choses. (Et à ce que l’on attend d’elles). (L. Wittgenstein)

Un accompagnement philosophique– non pour apprendre la philosophie, mais pour s’exercer à philosopher. A une pratique de la philosophie comme libération de la vie.

La philosophie parle de nous, de notre existence, dans son coeur le plus «concret». Essayer d’engager un travail dans et avec la philosophie, c’est se confronter à l’expérience de notre existence «brute», et celle du monde, et à la question que cela soulève: « qu’est-ce que j’en fais?». Dans une telle démarche, il n’y a pas de rapport entre un «professeur» qui détiendrait un savoir, et des «auditeurs» qui apprendraient de la philosophie réduite à une sorte de «contenu culturel neutralisé». La philosophie n’a de valeur que si elle est expérience vivante de la pensée. Et cette expérience est accessible à chacun, sans aucun autre prérequis que le désir, ou l’urgence, d’entreprendre « un travail sur soi-même ». C’est dans une telle perspective que je préfère parler d’accompagnement, plutôt que d’enseignement.

1263856_10201522647500957_2100409589_o

L’expérience de la pensée se déploie à partir de la rencontre vécue entre «la philosophie» et tel individu aux prises avec l’énigme de son existence, ouvert, dans le vécu même de cette existence, à la vulnérabilité que cela implique. Une telle expérience a lieu notamment dans une sorte de dialogue avec les textes, avec la tradition de la philosophie En ce sens, les connaissances d’un enseignant peuvent faciliter cette rencontre, les textes philosophiques n’étant la plupart du temps pas d’un accès immédiat. Le travail visera cependant toujours, en s’appuyant sur une méthode simple et efficace, à l’autonomie de la lecture. Ceci suppose que l’enseignant, à la fois absolument nécessaire et totalement superflu, ne soit qu’une sorte de « passeur » qui s’efface autant que possible – un « accompagnant » au service d’une rencontre libératrice d’un individu avec soi-même, par la médiation du travail philosophique.

 Cet « accompagnement », nourri par mon expérience de plus de vingt ans d’enseignement de la philosophie dans différents contextes, prend d’une part la forme d’«ateliers » en groupe et d’autre part de séances individuelles.